On le croyait au cimetière des partis politiques où se trouve notamment le Mouvement populaire de la révolution (MPR), le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) est en train de faire sa résurgence. Réussira-t-il à reconquérir de l’espace après un long moment d’absence ?
Créé le 31 mars 2002, ce parti a été mis au freezer depuis le départ de Joseph Kabila de la tête du pays, comme si son fonctionnement était directement lié aux faits et gestes de son leader – Toutes les aactivités politiques mises en sourdine.
Un parti politique, en effet, ce n’est pas le fait d’avoir seulement un siège et quelques individus pour la permanence.
En publiant sa tribune dans un média sud-africain le dimanche 23 février, Joseph Kabila a décidément renoncé à son profil bas. Du coup, avec ce brisement de silence, quelques cadres de ce qui reste encore du PPRD, qui lui sont demeurés fidèles, ont aussi réapparu. On les voit tentant à se créer un créneau dans une opinion où ils passent désormais pour des intrus…
Un silence d’incertitude
La réalité est que le sommeil dans lequel s’est plongé le PPRD était très profond, au point que certains de ses membres ont quitté le navire pour l’Union sacrée de la nation. Certains de ses jeunes cadres se sont même ralliés à Corneille Nangaa. Ne dit-on pas que la nature a horreur du vide?
Pendant six ans, il n’y a eu que Ferdinand Kambere, secrétaire permanent du PPRD, pour affronter l’opinion, même s’il ne savait exactement quoi dire concernant le retour du Raïs dans la politique vive.
Ramazani Shadari, que certains avaient surnommé « coup sur coup » n’a plus eu qu’une « bouche cousue », après la présidentielle de 2018 où il s’était présenté comme dauphin de Joseph Kabila.
Évidement, eux tout comme les autres grands cadres du jadis parti présidentiel ne pouvaient rien tant que celui qui devait donner l’impulsion avait opté pour le silence le plus total.
Pourtant. l’histoire des partis politiques congolais renseigne que le leader a toujours joué un rôle de premier plan. C’est d’ailleurs lui qui joue à la fois le rôle de soliste et de chef d’orchestre. Lumumba était à la tête de son MNC, Mobutu à la tête du MPR, Tshisekedi à celle de l’UDPS et Gizenga à la tête du PALU.
Les meetings, les marches et les villes mortes sont autant d’actions que les leaders des formations politiques ont toujours organisées. Or, le PPRD a comme croisé les bras pendant longtemps, un peu comme chez le coiffeur, en attendant que son tour arrive. Entrtemps, JKK était présenté soit comme doctorant soit comme « fermier »… Il était devenu l’incarnation du silence que les Kinois appellent « kara ».
La realité est qu’après une longue periode d’inactivité, le PPRD est devenu comparable à une machine rongée par la rouille et dont les engrenages nécessitent une bonne quantité d’huile. La nomination d’Aubin Minaku comme deuxième personnalité du parti et la reconduction de l’équipe de Shadary ne suffisent pas pour rebondir dans l’opinion. Beaucoup d’eau ont coulé sous le pont et le parti n’a plus des sièges dans les différentes communes – on n’a plus parlé des responsables des cellules du PPRD. Autant dire qu’on ne peut pas mettre en hibernation les militants du parti.
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